Notre Seconde vie – Deuxième partie

Notre Seconde Vie - Alain Monnier - FlammarionNous continuons de suivre les premiers pas du romancier Alain Monnier dans SecondLife… (La première partie est ici)

Mercredi

Je quitte ce soir mon île… Au hasard vers une terre francophone, pour ne pas empiler les difficultés !
Il y a des gens partout. Je ne sais pas s’ils me regardent mais je suis sûr qu’ils me voient, comme moi-même je les vois. C’est une sensation désagréable… C’est en fait la première sensation troublante que j’éprouve, et qui me démontre que cet avatar est bel et bien moi, et pas seulement une image dématérialisée dont je peux totalement m’abstraire ! D’évidence il y a une part de moi en lui, pour preuve ce sentiment pénible d’être vu par les autres alors même que je ne maîtrise rien de mon apparence ou de ma pensée en ce monde-là.

On est aux autres par l’image que l’on donne de soi… Pour avoir totalement discipliné depuis une adolescence déjà lointaine, l’apparence, mais surtout le discours, la gestuelle, bref ma façon d’être avec autrui, j’en avais oublié cette évidence soudain redevenue palpable ! C’est la rançon d’être trop confortablement installé dans un personnage réel qui ne pose plus de problèmes !
Me voilà donc plongé dans un personnage qui touche à mon moi, avec la maladresse des premiers temps, avec la crainte d’être jugé et méprisé par ceux qui savent ! Et je n’ai même pas à ma disposition une de ces attitudes de repli dans lesquelles il est si facile de se réfugier quand on prend l’eau.

Je ne veux pas me défendre de cette sensation « à nouveau nouvelle »… Ce qui est neuf devient trop rare au fil des ans pour ne pas être protégé.

Jeudi

J’ai rêvé de mon personnage, de SL… J’ai passé une partie de ma nuit dans SL ! Peut-être pour y avoir passé deux heures avant de m’endormir ! Habituellement je ne rêve pas de mon ordinateur ou de Google…

Je suis allé dans un endroit peuplé d’êtres assez étranges. Les apparences trop insolites m’intéressent peu. D’autres sont plus émouvantes. Je me glisse près des groupes et j’écoute ce qui se dit… J’ai l’impression de ne rien comprendre ! Autres temps, autres mœurs ! je ne suis pas un habitué des chats et je dois reconnaître que je m’applique à respecter scrupuleusement la grammaire et le vocabulaire (y compris les accents) dans mes SMS… il me semble que cela relève de la politesse due à autrui, ou de la simple résistance, qui pour être vaine n’en est pas moins précieuse, ou de la nécessité de s’arc-bouter contre l’arrogance de la modernité et contre le snobisme anglophone dominant…

Je ne comprends pas ce que se disent ces gens. Pire ce que j’en perçois me semble sans intérêt : des trucs sur leur apparence, des mots douteux, des références que je n’ai pas, de la conversation superficielle : ça va ? Trop bien lol ! Toi ?
Je vais me coucher.

A suivre…

Plus d’info : http://www.alain-monnier.com
Notre Second Vie – Alain Monnier – Flammarion

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9 Responses to Notre Seconde vie – Deuxième partie

  1. riona dit :

    *se met en position de tailleur pose sa tete contre l’épaule virtuelle de l’auteur et rêve avec lui*

    Quand au langage et autres petits trucs tu t’y fera très cher ^^

  2. Maki Payne dit :

    Je me permet encore une fois d’exprimer un avis. Mais non, ce n’est pas ça, c’est de partager une impression, un ressenti sur un vécu ce sentiment éprouvé quand on parcourt ce monde et que l’on se retrouve avec des personnages dit virtuels mais qui en fait sont des émanations d’esprits biens réels. Vous ouvrez une porte pour pénétrer dans un endroit imaginaire et rempli de secret et en lieu et place vous découvrez par l’intérmédiaire des mots, une forte ressemblance avec un autre monde que l’on croyait loin, très loin d’ici. Mais c’est vrai on s’y fait. Nous avons déja connu ça non ?

  3. niroba dit :

    J’ai un peu l’impression que ce romancier fait de la masturbation intellectuelle !
    La fracture doit être grande entre son livre sur les mondes virtuels et la Réalité des mondes virtuels… A moins qu’il ne sache pas où trouver et quoi trouver…
    J’ai peur que les Avatards de SL risquent d’être décus en lisant son livre !

  4. Nephie dit :

    Il ne faut pas généraliser, non plus.
    Je connais ce sentiment d’incompréhension et solitude mais je sais aussi, pour le vivre tous les jours, que l’on peut partager sans compter sur Second Life. Si je suis parvenue à trouver cela, pourquoi pas lui… pourquoi pas vous ?

  5. wolkam dit :

    Alors la niroba, je me demande comment tu peux parler de ça sans avoir lu une seule ligne de son roman ?!

    Pour info, je connais personnellement Alain, et j’ai toujours été un fan de ses romans. Quand j’ai lu en 2001 son roman ou seulement une partie était consacrée aux mondes virtuels, cela m’a fait réver. Depuis je n’ai cesser de lui demander d’en faire un roman complet, et je rappelle qu’à l’époque personne ne parlait de SecondLife.
    Pour répondre a tes commentaire, je peux te dire que j’ai lu une grosse partie du roman, on est bien loin de ce que tu appelles « de la masturbation intellectuelle » . Ensuite ce roman n’a rien avoir avec SecondLife ou ce que les avatars vivent actuellement, c’est un roman qui parle d’un univers virtuel dans le futur, en aucun cas une comparaison entre les deux univers, de plus comme dans chaque roman d’Alain, ce sont les personnages qui compte, pas l’environnement.
    Si fracture il y a entre sa vision et les mondes virtuels du moment je ne vois pas ou est le problème vu que son roman est une fiction pas un bête compte rendu de notre univers. Il raconte une histoire dans un univers qu’il à imaginé et qui n’a rien à voir avec SecondLife. Quand à la déception des avatars de SecondLife, laissons les juger par eux-même, sachant que le roman ne leur est pas spécialemnt destiné, Alain écrit pour le plaisir et moi je suie persuadé que nombre de personnes aimeront partager sa vision d’un univers virtuel.

    En résumé je ne comprend pas comment tu peux être aussi médisant sur un roman que tu ne connais pas, pas plus que l’auteur et ses autres romans apparement. Pour info les textes ci dessus n’ont rien à voir avec le roman puisque c’est juste une demande de ma part de nous livrer ses impressions sur notre monde. Si le dernier paragraphe laisse penser qu’Alain est déçu de SL, sachez que ce n’est pas le cas, vous pourrez lire dans la suite de cette serie de post comment il perçoit notre monde, il a été honnête en relatant ses sensations du moment. Vous pourrez lire la suite trés bientôt.

    Bref je ne comprend pas ton jugement hatif, cela m’irrite même un peu que l’on puisse critiquer ouvertement quelqu’un et son travail sans n’avoir rien lu…

  6. riona dit :

    On appel ca un jugement a l’emporte piece 🙂 .

  7. sosogao dit :

    Je pense que les mondes virtuels, qui ne le sont pas tant que cela d’ailleurs, du moins en ce qui concerne SL, sont ce que chaque avatar veut qu’ils soient !!! Pour ma part je suis très sensible à la vision qu’Alain nous donne ici et qui se rapproche beaucoup de la mienne. Parlons de ce que nous lisons et non de ce que nous n’avons pas encore lu !!! Quant à l’expression suranée de « masturbation intellectuelle », elle me fait beaucoup rire et m’agace aussi énormément car nombreux sont ceux , sur SL, qui en font à tours de bras et au quotidien !!!
    Enfin, la lecture d’un roman n’est-elle pas la meilleure façon de s’évader d’un espace qu’il soit réel ou virtuel et de rêver ? Le plaisir de lire ces extraits m’encourage réellement à découvrir « les » romans d’Alain !!!

  8. karkoid dit :

    Je trouve très prenante la mise en écrit d’un vécu des états du moi réel dans un monde virtuel. Le style de l’auteur est particulièrement sincère et sans détour, il me tarde de lire la suite de ses pérégrinations dans le monde virtuel de SL.
    La masturbation intellectuelle est une manière de cacher derrière un discours abscons des raisonnements creux et stériles. je ne pense vraiment pas qu’on soit là dedans.
    Quand aux tchateurs « style sms » que l’on rencontre régulièrement sur SL, au delà de l’aspect pénible du déchiffrage qu’ils imposent à autrui, ils laissent un sentiment de pauvreté intellectuelle assez dérangeante. Ils ne sont heureusement pas la majorité (les – de 18 ans n’étant pas autorisés normalement sur SL).
    Ce journal de bord d’un résident SL me met l’eau à la bouche et me donne envie dans découvrir davantage sur l’auteur. Je pense que je vais lire son roman très vite

  9. Gritche Enoch dit :

    Je considère comme étrange l’expression de Niroba. Je suis sur Sl depuis seulement deux mois, mais 7 ou 8 heures par jour au minimum. Et je me permets de regretter une critique qui me semble non fondée ou du moins, non démontrée.
    La richesse incroyable de ce monde n’est certes perceptibles que si chacun le souhaite, mais s’avère surtout inéluctable et inaliéable.
    Je ne peux que saluer votre présence Niroba, mais vous rendez vous réellement compte de ce que vous faites sur SL ???
    Je n’en suis pas certain.
    Alors si vous considérez qu’il s’agit d’un simple jeu tant mieux et vivez le ainsi, sinon, raisonnez. Et il n’y a pas de mal à penser, au contraire 🙂

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